À CHOUNGUI, LA POÉSIE PREND DE LA HAUTEUR POUR FATIMA AZ-ZAHRAH
- Danyati Madi Souffou
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Le mois de Rabīʿ al-Awwal est arrivé à Mayotte. Selon l’annonce du Conseil cadial, le premier jour du mois correspondait au samedi 15 août 2026, tandis que la célébration du Mawlida, correspondant au 12 Rabīʿ al-Awwal, est fixée au mercredi 26 août 2026. Une date qui coïncidera cette année avec un rendez-vous désormais bien connu de Moultaqanour : le concours de poésie en langues mahoraises consacré aux éloges prophétiques.
Pour sa 12e édition, organisée par Moultaqanour en partenariat avec Shime, le concours prendra une nouvelle direction. Après plusieurs éditions organisées à Dembéni, puis une édition à Bandrélé l’année dernière, c’est à Choungui que poètes, familles et amoureux du Mawlida se retrouveront pour la première fois, in sha Allah. Et l’on pourrait dire que cette année, le concours prend de la hauteur : Choungui se trouve au pied de son célèbre mont, qui domine le sud de Mayotte, mais la hauteur sera également dans le thème proposé aux participants. Au fil des éditions, les poètes ont composé leurs vers autour du Messager d’Allah soillalloih ‘alayhi wa sallam, parfois en associant à ses éloges certains de ses Compagnons, ses proches ou les membres de sa noble famille.
Cette année, les regards se tournent exclusivement vers Fāṭima az-Zahrāʾ, sa fille bien-aimée, épouse de ‘Alî et mère d’al-Ḥasan et d’al-Ḥusayn. Celle que l’on connaît également sous l’appellation Umm Abîhâ, « la mère de son père », occupait une place toute particulière auprès du Messager d’Allah soillalloih ‘alayhi wa sallam, qui disait à son sujet : « Fâṭima est une partie de moi. » Cette proximité et cet amour donnent tout son sens au thème retenu cette année : « Fâṭima az-Zahrâʾ, un modèle pour les femmes ».
Et puisque le concours invite précisément nos langues mahoraises à porter cet amour, quelques mots peuvent déjà donner le ton : « M’trumé chpénda ya moilahé, Fatima chpénda ya babahé, Choungui ouvéndza m’véndza na m’véndzéwa. » C’est là tout l’esprit de ce concours : permettre au shimaore et au kibushi de continuer à transmettre, par la poésie et les rimes, l’amour du Messager d’Allah soillalloih ‘alayhi wa sallam et de sa famille. Car nos langues ne servent pas seulement aux conversations de la vie quotidienne ; elles portent aussi une mémoire, une sensibilité et une manière propre à Mayotte de transmettre la foi et les nobles caractères d’une génération à l’autre. Madrasa, jeunes, adultes, poètes habitués ou simples amoureux des mots sont ainsi invités à prendre leur plume. Pour cette édition, les compositions devront être écrites en langue mahoraise, en shimaore ou en kibushi, consacrées exclusivement aux éloges de Fâṭima az-Zahrâʾ et composées en vers rimés, la prose n’étant pas retenue.
Les textes devront être transmis avant le vendredi 21 août à 7h00, avant que les poètes ne se retrouvent le mercredi 26 août 2026 à Choungui. Au-delà des récompenses qui attendent les participants, l’essentiel demeure ailleurs : faire vivre une tradition, encourager la création dans nos langues et permettre aux nouvelles générations de découvrir que l’amour du Prophète soillalloih ‘alayhi wa sallam et de sa noble famille peut aussi se dire avec les mots hérités de nos parents et de nos anciens. Après Dembéni et Bandrélé, Choungui s’apprête donc à accueillir cette douzième édition.
Au pied du mont, les voix et les vers prendront à leur tour de la hauteur pour célébrer celle qui fut une partie du Messager d’Allah soillalloih ‘alayhi wa sallam : Fâṭima az-Zahrâʾ.
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